L’usage du design circulaire : comment relever le défi du design circulaire ? 2/2

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Un article écrit par Laurie Lapuly, Consultante UX

Nous avons abordé dans un premier temps l’usage du design circulaire, le concept de modèle économique et social qui, discrètement, engendre une (r)évolution sur notre façon de concevoir les produits et services. Produire de manière responsable est un défi qu’il est nécessaire de relever, y compris dans le domaine du digital.

La pensée circulaire avant le Design

Entreprendre ce changement de système entend adopter un mode de pensée circulaire. On soulignera ici cette pensée circulaire car elle doit être présente au niveau managérial pour être efficace. Elle rend le manager acteur du processus de décision et non le maître du processus. C’est une forme de management qui donne et qui reçoit. Il s’agit de développer une capacité à l’interaction où l’énergie vient de chacun et circule entre tous : elle veut le sens, la confiance, l’exemplarité.

Évidemment, l’ensemble des acteurs (les actionnaires, les clients, les fournisseurs, les salariés et la société civile) sont intégrés à ce management où l’ouverture, le doute et la communication engagée sont de vertu. Ensemble, on s’applique à partager une recherche de sens commun et de lien, accepter d’émettre des doutes et de ne pas s’autocensurer dans l’analyse des risques.

 

Les quatre saisons du design circulaire

Isabelle Kocher, Directrice Générale d’ENGIE, identifie un quatuor clé ayant une forte influence sur l’écosystème de l’entreprise. C’est lui qui fait la pluie et le beau temps sur un projet collaboratif, ses rôles doivent donc être compris et pris en compte pour intégrer au mieux la méthode circulaire dans les processus de création :

Le consommateur

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« L’impact d’une entreprise sur l’environnement a de plus en plus d’importance pour moi. Je n’hésite pas m’adresser directement à elle sur Twitter pour montrer du doigts ses déviances et la faire réagir. »

 

Le salarié

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« J’aime être galvanisé par mon environnement de travail et être en accord avec l’identité de l’entreprise. Si je ne suis pas en adéquation avec la raison d’être de l’entreprise, cela peut être un motif de rupture. »

 

Le régulateur

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« Je veille à la bonne rédaction du dossier sur les conséquences sociales et environnementales de l’activité des entreprises. »

 

L’investisseur

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« J’apprécie que l’entreprise face preuve de transparence quant à son impact global. »

 

Ce sont ces acteurs qui doivent enclencher et mener à bien la méthode circulaire au quotidien. Si chacun d’entre eux incarne un de ces rôles par des actions récurrentes, c’est tout l’écosystème d’une entreprise qui change.

 

Face à un nouvel utilisateur plus que jamais averti quant à sa consommation de produits et services digitaux, nous – orchestres de l’expérience utilisateur – devons considérer ces nouveaux comportements pour revoir nos méthodes de conception dans une démarche plus responsable.  

 

Alors comment faire ?

En tant qu’acteurs du digital, adopter la vision circulaire dans nos méthodes de travail, jusque dans les services vendus, apporte des bénéfices concrets :

  • Croire en une économie durable avec un positionnement fort et différenciant. Aujourd’hui des agences de création digitale se positionnent sur ce créneau éco-responsable et parlent d’éco-conception web pour répondre aux nouvelles problématiques des entreprises ayant un fort engagement RSE.
  • Optimiser nos méthodes de travail en facilitant l’accessibilité, la communication et la prise de décision.
  • Éviter aux équipes qu’un projet soit énergivore et aux consommateurs que l’utilisation produit/service soit chronophage.

 

De notre côté, on pourrait relever le défi du circulaire en appliquant la pensée circulaire dès le brainstorming. Pour une recherche de concept ayant par exemple, voici les questions les questions qui doivent nous aider à démarrer :

  • Comment pourrions-nous rendre notre produit ou service plus modulaire, adaptable ?
  • Comment notre produit pourrait-il être inspiré par les systèmes vivants ?
  • Comment pouvons-nous transformer notre offre de produits en un service ?
  • Comment notre produit pourrait-il être remis à neuf au fil du temps ?

Des méthodologies propres au design s’inscrivent d’ailleurs dans cette démarche circulaire. Le design system est un cas de régénération par lequel des équipes design et tech vont pouvoir piocher des informations lors d’un projet collaboratif. On peut le qualifier de charte graphique à laquelle on aurait ajouté des règles d’usage, de comportements, de positionnement, etc. En clair, le design system définit le design des plus petits éléments (textes, titres, formulaires) aux grilles, palettes de couleurs, blocs ou composants.

Le design sprint, est un réel accélérateur d’innovation qui permet d’inventer et de tester de nouveaux produits en 5 jours grâce à une approche multidisciplinaire (intégrant designers et développeurs) et centrée sur l’humain. Au sein du pôle Expérience Design de WAX Interactive, cette méthode de Design Thinking est proposée aux clients désireux d’accélérer leur processus de création pour aboutir à un produit/service en très peu de temps.

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Ce que l’on doit retenir c’est qu’au de-là de faire du design circulaire, il faut dans un premier temps sensibiliser tous les acteurs de l’entreprise à une approche circulaire qui s’intègrerait dans leur quotidien. Ce fonctionnement implique donc un changement des modes de production et de consommation significatif. Cette approche représente aussi la possibilité de satisfaire les attentes des utilisateurs/consommateurs par un positionnement engagé, tout en favorisant la transition vers une économie circulaire.

En résumé, concevoir pour des systèmes circulaires consiste à examiner la manière dont les systèmes naturel, industriel et social se déroulent, puis à découvrir des moyens de les modifier pour faciliter des résultats circulaires et régénérateurs. Dans certains cas, cela est extrêmement compliqué (le nucléaire), dans d’autres, c’est une évidence (comme pour changer notre dépendance collective à des objets jetables). Mais tous les changements de systèmes qu’on doit concevoir sont composés de la même manière : de personnes, de produits/services, de lieux et de processus. Ils peuvent tous être repensés pour maximiser les avantages et minimiser les effets négatifs.

Alors, avons-nous toutes les conditions réunies pour appliquer ces principes et porter le design circulaire au sein de nos entreprises ? 

Pour aller plus loin :

Le livre Le Design Thinking au service de l’innovation responsable
Ecrit par François Verez, Daphné Carthy, Corinne Jouanny et Xavier Pavie

WAX Interactive
Publié le par
WAX Interactive
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