Paris Web 10ème édition – WAX Interactive Suisse y a assisté

Paris Web 2015

Voyage au pays des licornes, des bisounours
et du web (un peu)

Paris Web, l'un des plus gros événements à suivre pour les gens qui font du web a eu lieu du 1er au 3 octobre 2015.
Au programme : 2 jours de conférences sur les thèmes du front-end, du back-end, de l’accessibilité, de l’UX et de la qualité.

Mylène Chandelier, développeuse front-end de WAX Interactive Suisse nous livre son vécu du Paris Web 2015.

Introduction

Paris Web, ce sont des dizaines de conférences très enrichissantes animées par des professionnels passionnés. C’est aussi l’occasion de rencontrer des gens que l’on suit sur Twitter ou dont on lit les blogs, en vrai. C’est un peu une cure de santé annuelle. On ressort de ces 2 jours (ou 3 si on fait les ateliers) avec le fameux « effet Paris Web », un sentiment d’être regonflé à bloc, plein de bonnes résolutions et avec l’envie de mettre en pratique tout ce qu’on a appris.

Paris web c’est une ambiance unique dans laquelle on mélange nos métiers pointus avec une grosse dose de déconnade. On voit régulièrement des gens déguisés en licorne qui se baladent, des slides avec des bisounours et on récupère des goodies qui mélangent les licornes et les arcs-en-ciel !

Paris Web, c’est l’événement le plus accessible du web français grâce à la vélotypie et à l’interprétation LSF pendant les conférences.

J’avais suivi les éditions précédentes en streaming et vu le programme de cette année, je ne voulais surtout pas manquer d’y être en vrai. C’est chose faite et voici mon compte-rendu.

 

Les conférences du premier jour

Internet et libertés : pour un engagement des acteurs du numérique

Adrienne Charmet, de la Quadrature du Net, nous explique que toutes les lois touchent à la liberté du numérique. Que nous sommes les personnes qui avons la connaissance et les compétences pour changer le monde du numérique tel qu’il est en passe de devenir, pour influencer ce qu’il en est fait.

Le ton est donné car plusieurs conférences reviendront sur le traitement des données personnelles.

 

Le dev front à Mach 1 au quotidien

Christophe Porteneuve a présenté des outils et des méthodes pour gagner du temps dans notre façon de coder (utiliser correctement ses dev tools, des outils comme Webpack, Gulp, BrowserSync…).

 

La crypto pour les devs : petit état des lieux des outils d’aujourd’hui et des techniques de demain

Matthias Dugué, a montré différentes méthodes pour sécuriser au mieux les données utilisateurs dont le chiffrement symétrique et asymétrique. Nous avons vu un peu d’histoire avec le code César, Enigma,… Pour moi qui suis plutôt front, cette conférence était vraiment claire.

 

« Hey, tu peux reprendre ce projet ? »

Sylvain Zyssman nous a donné les clés pour reprendre un projet au milieu d’acteurs pas toujours évidents à gérer (la carpe, le bavard, le pressé, le pessimiste et le client).

 

Le « RUN » (ou la Tierce Maintenance Applicative)

Leïla Touati a rappelé les différents types de maintenance pouvant intervenir sur un site (préventive, adaptative, corrective, le support fonctionnel et l’exploitation). Le tout avec quelques séquences de films pour illustrer ses propos.

L’après-midi était sous le signe de la qualité et des performances.

 

Webperf 2.0

Avec l’arrivée d’HTTP2, nous allons pouvoir drastiquement revoir notre façon d’optimiser les sites. La concaténation/minification va devenir inutile, les ressources vont pouvoir être chargées en parallèle et non plus les unes à la suite des autres…

 

Creating a Culture of Code Quality

David West, de Pinterest, nous a présenté divers outils comme Jenkins (anciennement Hudson) qui est un outil d’intégration continue, Flow, Babel ainsi que des outils de tests unitaires comme sinon.js ou de bonnes pratiques comme le lint CSS et JS. Pour lui, la qualité n’est pas une destination mais une culture, une attitude et un souci constant.

 

Le styleguide, bien alimenté il tient ses promesses

Laurent Guitton a fait un retour d’expérience sur la refonte du site Relais Châteaux en parlant de l’utilisation des styleguides.

Selon lui, la styleguide doit être un livrable à part entière auprès du client. A laquelle on peut ajouter de la documentation spécifique au projet, comme une méthode de déploiement particulière ou dans laquelle on peut rappeler des conventions de codage.

 

Le défi d’une personne aveugle : conseiller sur l’accessibilité dans un web toujours plus visuel

Conférence animée par Sylvie Duchateau

Elle nous a présenté un historique des outils (lecteurs d’écrans, tablettes braille) qui avant n’étaient que sur Windows et payants. Aujourd’hui les lecteurs d’écrans sont disponibles sur tous les OS et on en trouve des gratuits (NVDA sur Windows). Elle fait le constat que certains outils comme Github, Gitlab ont une accessibilité « passable » mais que Dropbox et Google Drive sont complètement inaccessibles. Avec l’équipe d’Access42, elle a créé une formation de référent accessibilité pour les personnes aveugles et malvoyantes pour leur permettre d’évaluer un site web.

Objectifs :

  • « ne plus être l’aveugle de service qui teste un site » mais avoir une réelle expertise pour expliquer techniquement ce qu’il faut changer
  • Créer un nouveau métier pour les personnes handicapées

Son cri du cœur qui a suscité une salve d’applaudissements : « Accessibilité pour tous : c’est un droit, un combat, un DEVOIR ! »

 

Les conférences du deuxième jour

Death and UX: Digital Afterlife and Digital Legacy

Cette journée a commencé sur un sujet délicat mais qui nous touche tous : la mort. Et plus particulièrement que deviennent nos données lorsque nous sommes mort ?

1 compte Facebook sur 30 appartient à une personne décédée. 10 000 utilisateurs Facebook meurent chaque jour.

Mais quelles options avons-nous pour anticiper le devenir de nos données une fois que nous ne serons plus là ?

Agnieszka Maria Walorska nous a suggéré une marche à suivre à travers des exemples de sa vie personnelle.

 

Vers une bonne pratique du Pair Design

Catherine Verfaillie a décrit cette méthode peu connue en France. C’est le même principe que le pair programming mais pour les DA, UX, concepteur-rédacteurs,… Il est important d’avoir un binôme complémentaire. Par le niveau d’expérience le métier ou l’expertise qui est différent. L’objectif est la montée en compétence ainsi que la sensibilisation à une nouvelle approche. Les arguments en faveur de l’application de cette méthode sont le gain de qualité, la collaboration améliorée, elle est approuvée par les développeurs et elle permet d’apprendre des autres métiers.

 

CSP : Content Security Policy

Nicolas Hoffmann a présenté CSP qui permet de sécuriser la partie front d’un site en déclarant les ressources qui sont autorisées. Par défaut, tout ce qui n’est pas déclaré n’est pas autorisé. On peut bloquer les styles inline CSS, les onclick en javascript ou encore interdire des noms de domaine.

 

ES6 par le code

Nous avons ensuite eu droit à une session de live coding grâce à Matthieu Lux. Il nous a fait découvrir les principales nouveautés d’ES6 telles que l’ajout du mot clé « class », les générateurs (fonctions qui peuvent être stoppées en cours de route et reprises à l’aide du mot-clé next), ou les arrow function. Il nous a montré par l’exemple comme le code devient plus lisible en passant d’ES5 à ES6.

 

Vorlon.JS : un outil pour simplifier le debug web sur toutes les plateformes

David Rousset et Etienne Margraff de Microsoft ont fait preuve de pas mal d’auto-dérision et d’humour face à un public principalement équipé de Mac Book et d’iPhone.

Vorlon.js est un outil open-source de débug très complet. Pour l’installer, il suffit de passer par NPM et d’appeler le script de vorlon dans sa page. Il est extensible par des plugins et se présente sous forme de console de débug enrichie. Il permet de se connecter à un device et de voir en direct ce qui pose problème. On peut highlighter les éléments comme si on était dans Firebug ou la console de Chrome Est disponible également un onglet Best practices qui alerte les erreurs portant préjudice à l’accessibilité, des méthodes pour cleaner son code CSS…

 

Pasdecalais.fr, histoire d’une démarche d’accessibilité

Retour d’expérience de Bertrand Binois sur l’accessibilité du site pasdecalais.fr

Ce site est un exemple en la matière car il répond aux normes d’accessibilité depuis plusieurs années.

En janvier 2010, le site mis en ligne répond au niveau AA du RGAA, ce qui correspond à ce que la loi Française requiert. En mars 2012 il passe au niveau AA 3 étoiles or (soit 98% des critères or couverts). En janvier 2014, le site est refondu pour le responsive. Le site pasdecalais.fr devient pilote pour la version 3 du RGAA.

Aujourd’hui, le site est labellisé RGAA3 et bénéficie aussi d’un label de qualité délivré par Opquast. Il est reconnu comme modèle au niveau Européen.

Le site couvre d’autres critères qui ne font pas partie des directives du RGAA mais qui couvre un besoin des utilisateurs. Notamment en proposant un bouton « Dyslexie » qui permet d’afficher une police d’écriture adaptée pour faciliter la lecture du site par les personnes dyslexique. On trouve aussi des boutons pour modifier la taille du texte (car tous les utilisateurs ne savent pas forcément qu’ils peuvent le faire nativement avec leur navigateur).

 

Design de soi : valoriser son identité et son expertise sur le web

Cette conférence a été une des meilleures de cette édition. D’ailleurs c’est la seule oratrice à avoir eu droit à 2 salves d’applaudissements avant même d’avoir commencé !

Marie Guillaumet préfère l’expression de design de soi à « Personal Branding » car nous ne sommes ni une marque, ni un produit à vendre.

Elle nous a expliqué comment nous mettre en avant sans tomber dans le « Personal Branling » en partageant nos connaissances, nos savoir-faire et notre histoire personnelle.

 

Le jour où l’on n’aura plus besoin de l’accessibilité

Le rêve d’Olivier Nourry : Devenir inutile. Il espère qu’un jour cela puisse arriver grâce aux nouvelles formes d’assistances aux personnes handicapées. Aujourd’hui il existe plusieurs outils : lecteurs d’écrans, sous-titres mais ils sont trop limités. Quelques-uns sortent pourtant du lot comme Siri et VoiceOver TapTapSee, TranscriVox, le robot Nao… Si ces technologies continuent d’évoluer pour devenir encore plus intelligentes, peut-être que son rêve deviendra réalité.

 

Conférence surprise – l’interprète LSF à Paris Web : Adaptative, responsive et agile

Cette conférence était animée par Sandrine Schwartz, interprète LSF, qui a cassé bien des idées reçues et nous a appris pas mal de choses au passage (notamment que le signe du gâteau en France signifie avoir ses règles aux Etats-Unis et Moscou en Russe). Elle nous a expliqué avec beaucoup d’humour à quel point son métier est compliqué pendant ces 2 jours où il faut signer des mots comme Skeuomorphisme, Websockets… Mais que malgré tout, chaque année, elle revient, portée par la bonne humeur et l’effet Paris Web.

 

Conclusion

Pour conclure ce billet, je ne peux que remercier à nouveau les orateurs, les interprètes et le staff pour leur travail énorme ! Merci pour cette ambiance si particulière qui nous donne envie d’être déjà l’année prochaine.

Découvrez les conférences en ligne avec ce lien.

Enfin, un aperçu de l’ambiance en question :

 

Mylène Chandelier
Publié le par
Mylène Chandelier
Développeuse Front-end
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